Poil universel

J’ai récemment pris part à une discussion animée sur les réseau sociaux. Le sujet de départ portait sur les poils. Ce débat pourrait paraître anodin. Il est pourtant très révélateur. Tout est parti d’une étude dite "scientifique". Les chercheurs auraient découvert que les poils de la barbe des hommes, absorbent le choc des coups pour disperser l’énergie de l’impact, tout comme la crinière protège le lion. Cette affirmation m’a paru totalement stupide.

En effet, il existe dans ce monde des phénomènes inexplicables, voire aberrants. Pourquoi certains hommes ont-ils de la pilosité sur leur visage ? Pourquoi avons-nous des cheveux ? Pourquoi les jeunes femmes ont-elles leurs règles tous les mois au lieu d’une ou deux fois par an comme les autres mammifères ? Pourquoi avons-nous un appendice inutile dans les viscères ?… D’un point de vue strictement biologique, tout cela n’a aucune utilité. Pourquoi sommes-nous incapables de capter le champ magnétique terrestre alors que les autres animaux y arrivent ? D’un point de vue biologique, un tel outil cognitif serait le plus précieux de tous.

Au lieu de reconnaître que notre physionomie est illogique, la scientosphère choisit de fournir des explications idiotes. Ce genre d’explications idiotes est souvent destinées à soutenir la théorie de l’évolution. Il faut à tout prix trouver une utilité aux caractéristiques des êtres vivants sinon la théorie s’écroule. Cette histoire de poils qui absorbent les coups sonne comme une imbécillité de plus. Car que signifie une telle "découverte" ? Et bien que le visage de l’homme est équipé pour la bagarre contrairement à celui de la femme. Donc c’est normal que les hommes cognent. La violence fait partie de leurs attributs biologiques, elle est a pour but la sauvegarde de l’espèce. Grâce aux poils du visage, la violence de l’homme est ainsi déclarée naturelle et noble.

J’ai commencé par demander pourquoi les lionnes ne sont pas équipées d’une crinière protectrices puisqu’elles doivent chasser.

On m’a répondu que le lion doit protéger le troupeau et que cette tâche est bien plus dangereuse que la chasse. Donc c’est normal que le lion soit protégé des coups et pas la lionne.

J’ai demandé pourquoi le chat a des poils plus longs que ceux de la lionne. Devrait-il être mieux protégé que la chasseuse ?

On m’a répondu que le chat est plus susceptible de se prendre des coups mortels qu’une lionne. Donc il a des poils plus longs pour sauver sa vie.

J’ai demandé pourquoi le chat angora a droit à une super protection avec ses longs poils tandis que le chat sphinx est nu comme un ver. Est-ce que certains chats courent plus le risque d’être attaqués que d’autres ?

Pas de réponse. Mes interlocuteurs ont dû penser que j’étais une casse-pied sans cervelle qui cherche à couper les cheveux en quatre. C’est bien dommage car j’avais une autre question encore plus intéressante pour eux.

Les hommes blancs ont souvent une barbe fournie, de même que les indiens. Grâce à ces poils faciaux, l’impact est absorbé lorsqu’ils sont frappés au visage. Ils encaissent bien les coups. Gloire aux hommes dont la virile barbe démontre le courage et la vaillance. Gloire à la théorie de l’évolution dont la sagesse sans faille nous révèle chaque jour son lot d’ingéniosité. Mais alors pourquoi les noirs et les asiatiques sont-ils généralement glabres ? Est-ce que certains hommes méritent d’être naturellement protégés contre les coups tandis que d’autres sont à la merci de l’adversité ? Les chinois et les japonais notamment ont très rarement de la barbe. Ces hommes n’ont pas de tribu à défendre ? Ils n’ont pas d’impact facial à absorber ? Ça alors. L’homme blanc est équipé pour le combat pendant que l’homme asiatique est privé de bouclier naturel ? L’indien possède ce qu’il faut pour encaisser le combat pendant que le noir se débrouille sans protection physiologique ?

Bref. Une fois de plus c’est du n’importe quoi. Si la barbe avait une utilité biologique, la quasi totalité des hommes en auraient une. L’occidental qui se prend pour un modèle universel, a décidé que sa barbe était un marqueur universel de virilité. Il instrumentalise la science pour donner à cet accessoire incongru, une signification naturelle et une utilité vitale. Pourtant il serait intéressant d’établir des statistiques pour déterminer quel est le ratio mondial glabre/barbu. Amérindien, asiatiques, africains… Nombreux sont les peuples dont les hommes ont tendance à être naturellement dénués de pilosité faciale, voire même corporelle.

Reconnaissons que cet attribut pileux n’a aucun rôle essentiel. Il revêt une importante valeur sociale en occident. C’est plus une histoire de fierté égoïste que de survie de l’espèce. Avec la complicité orgueilleuse de la science, la barbe s’auto-proclame signe naturel de virilité, décrétant au passage que l’homme blanc est un idéal absolu auquel le reste du monde doit ressembler. Je l’ai dit dans La Ferme Humaine et je le répète ici. Les scientifiques ont parfois des biais cognitifs qui les égarent dans des recherches erronées. La théorie de l’évolution est stupide et raciste. Elle place l’homme blanc au centre de l’univers. Tout ce qui n’est ni homme, ni blanc est de fait classé comme naturellement inférieur.

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